Lise Lebourgeois ɸ

Yoga, Spiritualité et déconstruction

Pour être tout à fait honnête, ça fait un moment que cela me taraude d’écrire ce post par peur sans doute d’être jugée, d’exposer quelque chose d’aussi intime à la vue de tous, de décevoir aussi.

Cela fait quelques mois maintenant que je me suis éloignée du côté plus spirituel et surtout des croyances new age. Cela ne veut pas dire que je m’inscris plus dans la philosophie du yoga ce qui pour moi serait un contre sens mais plutôt que j’apprends à composer avec qui je suis, et nos modes de vie moderne.

L’année dernière, j’en ai quelques fois parlé, j’ai traversé une période assez difficile dans ma vie personnelle et j’ai commencé à enseigner en studio de yoga. Cela a été un mélange de ses deux facteurs qui m’ont poussé à expérimenter et à transmettre tous ce côté plus spirituel et ésotérique. J’ai toujours été une personne très impliquée, très entière et passionnée. Je ne voulais pas enseigner, transmettre quelque chose que je n’expérimentais pas au quotidien. Et je crois aussi de manière inconsciente parce que le marché du yoga est très concurrentiel que je voulais être une « bonne » prof de yoga. Peut être pour palier le manque de confiance en moi, la peur de ne pas être accepter par mes pairs, par les élèves. Les rituels de lunes, les mantras, la dévotion, le journaling, … tous ce dont on entend beaucoup parler aussi sur les réseaux sociaux m’ont aidé à traverser cette période de remous et j’en suis bien consciente mais aujourd’hui j’ai décidé de faire un pas de recul.

Je me suis rendu compte cet été que le yoga m’avait aussi déconnecté d’une part de moi même ce qui est assez étrange quand on sait que la traduction de yoga, yuj en sanskrit est l’union. La part un peu fun et rock and roll. Que parfois là aussi de manière inconsciente ou pas d’ailleurs, je ne m’autorisais pas à être cette personne parce que ça ne faisait pas assez « yogi », parce que cela ne rentrait pas dans la philosophie du yoga. Et que tout cela m’avait coupé de la joie.

C’est là que j’ai commencé à déconstruire ce que j’avais érigée depuis ma formation de professeure, où il ne faut pas se le cacher même si on est dans un cadre de bienveillance porté par le yoga, il a quand même une certaine compétition en tout cas, du jugement parce qu’il y a des examens, et parce que la société est comme cela dans son ensemble : on classe, on trie, on compare. Et même si j’essaie le plus possible qu’il n’y ait pas cette logique dans mes cours parce que j’ai envie que les gens se sentent à l’aise, libre et en confiance sur leurs tapis, je sais que parfois ces petites pensées nous rattrapent.
J’ai eu la chance dans mes formations d’avoir eu une magnifique formatrice qui a toujours su garder un regard critique et nous le transmettre. Que parfois même dans le yoga, il avait des non sens comme celui de dire le yoga s’adapte à tous les corps et ensuite de nous enseigner des ajustements au millimètre près sous peine « de se blesser ». Evidemment 200h c’est trop peu, alors parfois on nous enseigne des raccourcis. Milles merci Carole d’avoir prit le temps de nous transmettre ton approche fonctionnel du yoga plutôt qu’esthétique, de nous avoir livrer un point de vue différent, de parler de la série Lucifer, de vin, etc en plein cours de yin, d’ouvrir des voies d’enseignements différentes.

Cet été, je me suis mis à écouter le podcast méta de choc. Un podcast qui tord le cou aux croyances ésotériques/new age &co. Je ne peux que vous le conseiller pour voir les choses sous une nouvelle perspective. J’ai continué à suivre les aventures instagram de professeurs de yoga qui avaient une approche commune à la mienne et à unfollow ceux qui ne me parlait plus. La vie, c’est aussi savoir se remettre en question, évoluer. Et comme un serpent qui mue, s’autoriser à changer quand le moment est venu.

Nous ne sommes pas des « êtres de lumière », nous faisons simplement l’expérience de la vie. Parfois j’ai envie d’offrir mon amour à la terre entière et parfois j’ai envie d’insulter les hommes en audi qui ne savent pas conduire et se pensent tout permis. Parfois je mange bio, végé et local et parfois je mange des surgelés picards parce que je n’ai pas eu le temps de cuisiner. Parfois je pratique tous les jours le yoga et parfois je ne fais rien pendant 2 semaines et je regarde netflix ou je vais faire du skate, du paddle, de l’escalade. Parfois je bois des jus et parfois je bois (trop) de spritz. Parfois j’écoute des mantras et d’autres fois The Offspring. Est ce que ça fait de moi une moins bonne yogi ? Peut être mais au moins je me sens libre d’être pleinement qui je suis.

Quand j’ai commencé le yoga, je me suis fait une promesse à moi même. Ce tapis, ce mètre carré est un endroit où je ne mens pas à moi même, où j’ai le courage de regarder mes pensées, mes actes droit dans les yeux sans les avis du monde autour. J’ai toujours milité pour la liberté et encore plus pour la liberté des femmes. Et dans le yoga, à travers les postures et leur chemin de construction, j’ai trouvé beaucoup de force, de courage, de confiance pour cheminer vers cette liberté parce que ce n’est pas une voie facile. Ce n’est pas pour de nouveau m’enfermer dans de nouvelles injonctions. Je préfère opter pour l’authenticité tant pis si cela dénote.

Je pense qu’il y a beaucoup d’idéalisation dans le monde du yoga, peut être du à la vague des réseaux sociaux qui ont tendance à embellir les choses, à cacher ce qui est moins instagramable et ce qui peut créer une certaine pression à rentrer dans un moule. Si j’ai tenu à écrire cet article, c’est aussi pour ouvrir la parole, pour déculpabiliser les professeurs ou les élèves qui ne reconnaissent parfois pas ou plus, c’est ok.

TOUT EST JUSTE, du moment que vous êtes alignés avec ça.
Et parfois le processus prend du temps et c’est ok.

Mes ressources

Dans les podcasts, je vous conseille Méta de Choc comme cité dans l’article
Casayana, épisode 5 & 6 sur le yoga moderne, dérives ou opportunités ?

Le blog Citta Vritti 

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